D’aimer jusqu’au naufrage
mes ennemis superbes
que reste-t’il de moi
une barque miraculée
sous mes pas
toute violence a disparu
dès que la mer s’est retirée
Aucun regard de fin du monde n’aura raison des battements transparents de mon cœur.
Quelle éthique du marteau sans ontologie du clou ?
Rien ne résonne mieux au coeur de l’homme seul et tombé que la grâce nostalgique du haïr.
Là
derrière les soleils et les ombres
sur les pentes frayées à coups d’épaule
il y a toujours cette merveille étrange
qui n’a pas encore de couleur
et qu’il faut inventer
d’urgence
Oublier la ligne
au sens n’entendre que l’interdit
hors portée
de son propre cahier de notes
déchirées
comprendre que
bris brisé
intervenir le moins possible
dans la peau des murs
blancs fin de soleil
renoncer au multiple
s’adosser à l’Utile
dernier recours
connaître du mot
souffrir
l’inattendu sourire
en ta vie de doses efficaces
Croire
aux vertus des semis
même en terre sèche
N’essaie pas de trancher le nœud. Il coule juste assez pour ta soif.
Ils entraient dans les saisons
froissés comme des linges
d’équinoxe
ce n’est plus la mort qu’ils craignaient
mais les résurrections
les attentats du cœur et de la chair mêlés
les soleils absolus
qui les cueillaient à chaque fois
en gloire
mais la poitrine désarmée
Langage oui
mais avec qui
rien n’est seul qui s’écrit
au cœur de nos mystères
nous n’avons pas fini de partager
nos alphabets secrets
les corps les pauvres corps
sont les seuls paysages acceptables
quand chaque autre est un départ
que même la mort ne dévie
de nous
je t’écris
toi pareil à mes ailes
sur le chemin de nos poussières
je m’avance à pleins mots
vers ta chair et tes rêves
je ne suis pas un pont
je ne suis pas l’exil
tant espéré de nous
je suis
cette force fragile qui s’inquiète
langage oui
mais avec qui