Rouées de vie
et sans repos
la faim au corps
de deuils tremblée
sur un grand lit d’étoiles
au fond du ventre
inhumées
ne rient pas
ne pleurent plus
mais sont encore
des anges noircis
d’antan
les gueules
Rouées de vie
et sans repos
la faim au corps
de deuils tremblée
sur un grand lit d’étoiles
au fond du ventre
inhumées
ne rient pas
ne pleurent plus
mais sont encore
des anges noircis
d’antan
les gueules
Rareté du saut. Ravissement de la chute. Paroles de l’écrasement.
Il nous fallut
les hommes vivre
plantes pousser
fleurs enivrer des champs humides
dans l’amoncellement des traces
accouplés à la terre
orphelins d’un mystère
aussi secret que nous
La lumière a vibré jusqu’aux ventres des femmes
chaque saison plus orgueilleuse
mais
sans tristesse pourtant
où que soit notre histoire
il n’y eut jamais de renaissance.
Ce n’est pas la bouche
qui parle
trop encombrée d’air pur
après trop d’asphyxie
ce n’est pas le regard
déshabillé d’images aveuglé de lumière
La parole est aux mains
passions immobiles
et leur chant est un cal
sur la peau des jours bleus
enfouis
Comme un chien j’aurai passé toute ma vie à ronger l’éphémère.
Sur les seuils séparés d’un sourire
des anges noirs aux mains énormes
fixaient le soir venu
et sans ailes et sans rêve
tout un monde incertain
où l’air ne serait même plus
assassin.
Ce qui de moi-même tend au monde de toute la force du rien qui me crée ne tend pas au même mais à la note unique et seule possible de mon contrepoint.
Tous les bonheurs ici
ont mûri sous la terre
dans cette bouche d’ombre
où les printemps sont verticaux
les puits même endormis
ont les lèvres qui tremblent
encore
et les enfants
les enfants vifs et rudes
ne savent plus le nom
de la source qui coule
entre leurs dents.
Je n’entends jamais rien
ni chant ni plainte folle
ni mécaniques mortes
de longtemps
la ferveur est bien lente
à gravir nos versants
Depuis qu’elle est repue
la terre
ici
se tait
noire
sous nos soleils
extraite
Seule une saison trop forte enfin m’endormira. Je me reposerai surplombé de beauté.